Je ne sais plus écrire.
C’est un fait.
Je commence enfin à sevrer de ma période post-rupture. Me voilà à la phase du renouveau, dans lequel je décide de tout refaire, de tout changer. Je vais à la piscine me faire belle (c’est nul, je me muscle mais la graisse reste, c’est balo), je refais de la photo (je l’ai souvent entendu celle-là), et je me remet sur le marché tant bien que mal. Et je me relance dans d’autres activités, dont l’écriture.
Il faut savoir qu’avant d’être fana de photo et féru de sexe, j’étais fana de cinéma et féru de sexe. Et avant d’être fana de cinéma et féru de sexe, j’étais fou d’écriture et découvrait le sexe. On voit bien qu’ici le fil conducteur est l’envie de raconter une histoire. Et surement à cause d’un blogueur sur la meilleure place du net, mon esprit a divagué, et pleins de souvenirs ont ressurgi. Du coup je me suis mis à ré-écrire les petites nouvelles qui ont fait de ma jeunesse un échappatoire de bonheur face à l’injustice de ma vie bien réelle. Et je ne dis pas ça en pensant à cette fille que j’ai connu pendant mes années collège. Non.
Donc j’ai recommencé à écrire. Des nouvelles de SF. Ben ouais, je suis geek, si vous croyez que j’allais écrire des drames psychologiques d’homme et de femme qui se questionnent sur leur existence face à leur machine à laver et à son fonctionnement répétitif et infini…
Donc écrivons ces petits space-opéra. Ces histoires d’aventures et de rencontres impossibles.
Ecrivons.
Et c’est après quelques pages que je me suis senti comme Dean Martin face à sa collection de pin’s dans le chef d’œuvre qu’est la Classe Américaine. Je regarde mes mains, impuissant, face à leur impossibilité de coordonner tout ce qui traverse mon esprit dans une suite logique et élégante de phrases. Suis-je simplement mauvais ? Quand je relis les archives de tous mes anciens blogs, j’ai du mal à le croire. C’était mon âge d’or, j’avais cent fois plus de lecteurs. Face à mes deux cents visiteurs, j’étais le roi du pétrole. Et je trouve mes textes d’époque fort bien traité (ce n’est pas non plus le prix Goncourt)
Et maintenant, quand je lis mon blog actuel, non, non, non, il n’y a rien. Je ne ressens plus de magie. Que s’est-il passé ? Je croyais que c’était comme le sport. Suffit juste de s’y remettre et ça revient peu à peu.
Une première piste serait l’environnement, le mental. A l’époque j’étais riche, malheureux, ennuyé, fou dans ma tête. Aujourd’hui je ne me sens plus malheureux, plutôt frustré. Le malheur est-il catalyseur de sujet à écrire ?
Le deuxième piste serait le contenu des textes. Je n’y fais presque plus de sous-entendus à connotations sexuelles. Automatiquement cela devient insipide, classique, sobre, inintéressant. Je dois me déclarer à Clara Morgane !
La troisième piste serait la pire. Et si je suis passé au stade d’adultitude ? Sur la route de mes 24 ans déclaré sur Meetic, mon cerveau n’est-il pas en train de prendre le contrôle sur ma vie et ne s’est-il pas décidé qu’il était temps que je devienne un pourri ? A penser mariage, enfant, vie stable, chats, voiture, WE en campagne… La tentative de suicide est indécente mais séduisante. Car si on m’enlève tout mon enfantillage, que me reste-t-il ? Finit l’imagination, finit les rêves, bienvenue au formatage, au sérieux, à l’ennui. A rien.
Quel texte horrible, mais tout ça c’est la faute à Supernatural qui se barre en vacances et ne reviendra qu’à mi-janvier. Putain de cliffhanger de fin !