Incredible India

by xas 15. May 2011 13:03

Voilà des années que je traine avec Miss India. Et au vu des derniers évènements récents entre nous deux, il semblerait que je sois parti pour encore pas mal d’années avec elle. Bon gré, mal gré. Et comme je suis un mec sympa, et que l’Homme est curieux par nature, autant vous faire partager, en ce lieu maudit et trop souvent abandonné, les choses de la vie de couple.

Aujourd’hui je vais vous parler du monde du cinéma du monde du pays de Chérie. Donc chez elle, le cinéma se résume essentiellement à un terme qui n’est que la copie de l’original : Bollywood. A noter l’intelligence indienne qui remplace les lettres qui ne servent à rien, comme dans Hawaii.

J’avoue que ma carrière d’investigateur professionnel se résume à rien, donc je ne piperais mot sur la valeur de Bollywood en France. Par contre, que cela soit clair entre nous, quand je parle Bollywood, je parle de films indiens. De vrais films indiens. Donc, toi, là, qui veut te la jouer et qui, fièrement, vient me parler de grands films Bollywood, tel que Joue la comme Beckam ou bien Coup de foudre à Bollywood, sâche, petit homme, que tu viens de maudire toi et tous tes descendants jusqu’à la septième génération. Mais tu l’as cherché.

Dans la diatribe qui va suivre, sachez, humains, que je ne parlerais que de films que je conseille. Je vous épargnerais la déchéance visuelle pour le bien de nous tous. Hein ? Non, je ne pensais pas à Roboten écrivant ce ci, même si…

Nous savons tous que toute liste demande un mètre étalon. Pour cela nous allons poser des bases simples avec une petite comédie: Dostana. Petite comédie de série B, voici une bonne introduction au cinéma indien. Si à la vision de ce film vos yeux disparaissent dans un trou noir, vos oreilles se renferment sur elles-même, et que votre cerveau implose spontanément; alors vous voilà officiellement défini comme public très très difficile chez Monsieur Bollywood. Mais rien ne vous empêche de lire la suite, après tout, c’est moi qui l’ait écrit.

Le spoiler de sa race conte l’histoire de deux potes qui se font passer pour gays pour être colocataires avec une fille dand un magnifique appartement 3 pièces, cuisine américaine et terrasse de 20m2 avec vu sur la mer. Et là, retournement de situation incroyable, les deux pédés tombent amoureux de la fille. J’ai été vraiment surpris, moi qui m’attendait à Brokeback Bombay. Et donc cette situation cocasse entraine quiproquos, humour/glamour, invraisemblance, mensonge, déception, tristesse, retour de l’être aimé, amitié, etc… Il faut l’avouer, cela se laisse regarder, et j’ai ri. Alors oui, traitez moi de public facile, jettez moi des pierres de honte cinématographique, mais je continuerai à me tenir droit et fier car j’ai été globalement satisfait. Et, en toute objectivité, messieurs (et certaines demoiselles), Priyanka Chopra est une actrice qui mérite attention et curiosité au vu de sa relation privilégiée avec l’eau.

Alors lançons-nous dans une autre comédie. Mais cette fois-ci, je vous l’avoue, chers amis, cela vaut vraiment le détour. Sauf pour les chansons. Non parce que la perfection n’est pas de ce monde, et niveau chanson ce film est une ode au suicide auditif. Enfin, 3 idiots, conte l’histoire de deux amis qui partent à la recherche d’un troisième, disparu après la remise des diplômes, quelques années auparavant. C’est très bien réalisé, très bien écrit. Une comédie qui est une belle critique du système scolaire indien. Sa sortie a crée une petite polémique à ce sujet en Inde. Qui n’a rien changé bien évidemment, si vous aviez fait science po vous le sauriez. Le film m’a fait rire. Le film m’a ému même s’il n’existe aucune preuve ni témoin, et que de toute façon je nierai tout en bloc jusqu’à mon dernier souffle. C’est un film à voir si Bollywood vous intéresse. Mais je reviens sur ce que j’ai dit: ce film m’a aussi offert les chansons les plus horribles que j’ai vu entendu jusqu’à maintenant. Allizwell et l’immonde Zoobie Doobie(souffre comme je n’ai jamais autant souffert).

Niveau comédie, c’est tout ce qui m’a marqué, mais je dois refaire mon retard avec des films plus anciens, parait-il que c’est la honte sur toi si tu ne les a jamais vu. A défaut d’autre franche rigolade, hop, ni vu ni connu, je te retourne le cerveau en t’envoyant du dramatique, du genre à avoir quelques mouchoirs à tes cotés, et surement pas pour s’en servir autrement que de nettoyer ton visage pleins d’eau salée, espèce de coquin avec ton esprit pervers.

Je sais que vous parler de drame vous étonnera, car après tout, je n’ai que faire de ce genre de films, puisque : 1 – Je suis insensible, donc ces films m’ennuient, et 2 – Je ne pleure jamais, donc ces films m’ennuient. Mais votre froideur ne m’étonne pas, et je vois que vous oubliez que, derrière cet homme de pierre, il y a un tendre cœur qui bat aussi. Et surtout une Chérie qui aime bien, donc je suis obligé de me les taper.

On va commencer petit, comme rien du tout, même si le film a battu des records de box-office à faire rêver n’importe quel réalisateur français : Chak De India !. Alors pour information personnel, le sport national indien est le cricket. Hélas non, je t’ai bien eu, tu es tombé dans le piège, tu as perdu, tu ne pourras jamais repasser en deuxième semaine. Non, car le cricket n’est que le sport le plus classe en Inde, e plus médiatisé. Et oui, caché dans son coin, honteux d’exister, le Hockey sur gazon essaie de se faire oublier malgré sa stature normalement imposante quand on se définit Sport National. Bref, ce long-métrage raconte la résurrection d’un ancien champion de hockey sur gazon, qui revient de l’oubli, le chômage, l’enfer, la haine de son peuple, pour entrainer l’équipe nationale féminine. Alors non seulement on part mal avec un sport moins vendu que le cricket, mais en plus les équipes féminines, tout le monde s’en fout. Parce que, voyez-vous, la place de la femme en Inde, c’est vachement rigolo. Un jour je vous raconterais comment, dans les familles, les femmes sont toujours les plus mal lotis, niveau reconnaissance, héritage, …  C’est vite vu, agréable, mais j’ai souvenir de Chérie, pleurant, alors que j’énonçais le scénario entier avant les scènes. Oui, c’est pas mal téléphoné, mais je voulais le voir car Shah Rukh Khan dit de ce film, en être le plus fier de toute sa carrière.

Autre drame, plus sérieux, Patiala House. Cette fois-ci parlons de sport, du vrai, de l’homme, de celui qui dure le temps d’une vie, le cricket (non mais vous avez déjà vu un match de cricket ? Mais c’est interminable ce truc, une vraie torture). Récit londonien d’un excellent joueur de Cricket, dont le père est devenu haineux des anglais suite à un évènement raciste. On suit la vie du héros, partagé entre l’amour pour son sport et sa peur de décevoir son père. J’ai été agréablement surpris, je m’attendais à quelque chose de plus ennuyeux. Et cela permet de voir les relations familiales indiennes qui perturbent toujours le jeune occidental que je suis.

Je finirais ces larmes par un film dont j’ai raté une bonne moitié. J’avoue, moi, les films, c’est de l’action, du panpan boum, donc j’assume ma non-connaissance sur le thème dramatique qui fait battre fort le coeur dans les chaumières. Mais, je sais assumer des mes erreurs et j’apprend de mes expériences. Donc, voilà un film auquel je n’ai pas vraiment accroché, il faut lui reconnaitre une profondeur dramatique (et surtout dans son sens de triste) que beaucoup apprécieront: Udaan, où un adolescent, viré de l’école, retourne chez son père, un peu trop méchant.

Bon arrête avec le sentimentalisme, et on passe aux choses sérieuses. Maintenant on va parler de vrais films, ceux réalisés exprès pour nous, les vrais hommes. Tout a commencé à nos débuts simplement platonique entre moi et Miss India, lorsque j’ai demandé à cette dernière s’il y avait pas de bons films indiens (puisque, comme tout le monde, je n’avais vu que le Backam et le Coup de foudre). Elle a rit à mes blagues, m’a giflé pour m’être moqué du cinéma indien, et m’a lâchement fourni un nom: Johnny Gaddarr. Ce film, c’est l’histoire à pas-de-chance. Evidemment ce con est amoureux (c’est toujours la faute à l’amour). Et donc, dans sa quête de rendre sa belle heureuse, il lui arrive pleins de malheurs. Mais pas dans le sens rigolo hein, c’est assez tragique. Alors bon, c’est considére comme un film de série B, mais j’ai bien aimé. C’est mon premier film quoi, le premier DVD Bollywood que j’ai commandé à Noël ! En plus je ne me souviens même pas des musiques donc elles ont du passer sans problèmes. Anecdote indienne, quand j’ai demandé à Chérie de m’offrir le DVD original, elle a galeré grave à Gare du Nord. Les vendeurs se foutaient de sa gueule et ne comprenaient pas pourquoi elle ne voulait pas les versions heu… photocopiées… Ils se sont fait chié à tourner entre eux pour savoir si l’un des magasins l’avait dans sa remise.

Parlons d’Aakrosh, film qui dénonce les crimes d’honneur, encore en vogue dans le pays (enfin surtout dans les villages). L’Inde essaie de se battre contre ce fléau, mais avec beaucoup de mal. Ou de motivation. Pour info, les crimes d’honneur étant: Quoi ma fille veut épouser ce mec d’une autre caste ? Allez, invitons le village entier, on va les tuer tous les deux, ces bâtards qui me foutent la honte!. On ne peut pas haïr ce film. Et ce pour deux raisons:
1 – C’est le scénario de Mississipi Burning. A part remplacer crime raciste par crime d’honneur, c’est le même fil, les mêmes personnages
2 – Y a un plan, complètement volé d’un Jason Bourne: Tu ne peux pas ne pas adorer ce film !

Après cette copie-bonheur, voilà le Crime Opera, qu’est Once Upon a Time in Mumbaai. Prenons deux grands gangster qui règnent sur la ville, ainsi qu’un flic et de sa tentative pour enrayer tout cela. Il est dit que c’est tiré d’une histoire vraie. Je dirais plutôt qu’un erreur de traduction a confondu tiré et inspiré. Le film est très bien, on voit l’ancien gangster, qui croit à l’honneur, la confiance, la franchise, et le nouveau qui ne croit qu’en l’argent et lui-même. Histoire classique mais sérieusement réalisé. CA FAIT PLAISIR !

Après les films sérieux, passons aux films super-sérieux. Et je vous présente mon nouvel idole, mon nouveau roi, mon nouveau maitre. On va parler de Salman Khan.

D’abord Wanted, où Salman Khan est un gangster trop beau, trop fort, trop classe, trop intelligent. A prendre au second degré, ce film est trop divertissant. Et débile.

Et enfin mon film coup de cœur que j’ai déjà vu 3 fois: Dabangg, où Salman Khan est un policier trop beau, trop fort, trop classe, trop intelligent. J’avoue que la question qui se pose à chaque générique de fin est: Mais le réalisateur a-t-il fait cela au 1er degré ? Bon, la réponse est non, c’est impossible. Mais je continue à rester en admiration face à ce film. A tel point que j’ai failli exécuter la danse principal à mon mariage indien. Une histoire de honte ou fierté de ma Chérie m’en a empêché. Pourtant combien de fois me suis-je vu, exécutant cette scène (à 2min20) devant un public en folie. Faut le voir, nom de dieu, IL FAUT LE VOIR !!

Et puis un jour je parlerais des autres films si ça vous intéresse.

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